La recherche marine en perdition

locmaria
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En cette période de début d’année la section CFDT Ifremer s’interroge sur l’avenir de l’Ifremer?

Comment l’Ifremer pourra-t-il continuer à remplir ses missions actuelles et nouvelles avec un budget en diminution et un nombre de salariés en CDI qui s’est réduit depuis plusieurs années ?

· Alors que le Grenelle de l’Environnement et le Grenelle de la Mer ont fixé des objectifs et imposé des missions nouvelles à l’Ifremer ;

· alors qu’obligation est faite à l’Ifremer de s’investir dans les énergies marines renouvelables en métropole et dans les DOM-POM, de se développer à la Réunion, de s’implanter à Mayotte, de se renforcer en terme d’implication dans le Pacifique, de participer aux travaux sur l’évolution du climat, de travailler sur les ressources minérales, de prendre en compte la nouvelle DCE, d’élargir son implication dans le domaine des mortalités récurrentes d’huîtres, de mettre en place en urgence un nouveau mode de détection des phycotoxines, etc. ;

· alors que le nouveau Plan Stratégique et le Contrat Quadriennal de l’Ifremer viennent d’être élaborés et approuvés par les ministères concernés ;

· alors que le plan de relance a concerné Ifremer et que le Grand Emprunt devrait également avoir une incidence sur les missions de l’Institut ;

- le budget 2010 est en diminution (- 0,13%),

- l’Investissement est en baisse de 9.42%

- les prévisions en terme d’effectif en CDI ne permettent pas d’espérer combler la perte de 20 postes entre 2007 et 2010.

Cette baisse des effectifs permanents est catastrophique. En effet, même si le nombre de CDI « perdus » peut paraître faible, il induit des dégâts considérables. Dans la mesure où les pouvoirs publics décident que l’Ifremer doit remplir de nouvelles missions, des recrutements sont positionnés sur ces nouvelles activités. Ceci se traduit par des baisses drastiques en effectif permanent dans les équipes qui travaillent sur des projets existants. Leur situation devient intenable. Seul le recours aux CDD (quand ils sont accordés !!) permet de répondre à l’urgence, mais cela ne pourra perdurer au-delà de quelques mois.

Cette situation est tellement déplorable que certaines équipes vont devoir rendre des recettes perçues faute de pouvoir mener à bien le projet par manque de moyens humains. Quelle contradiction avec le discours officiel poussant à toujours faire plus de recettes et fustigeant les équipes qui ne répondent pas assez largement aux appels d’offre de l’ANR et de l’Europe.

Que faut-il faire ? Quelle est la position de la Direction face à un tel constat ?

Le Contrat Quadriennal a été bâti en total décalage avec la réalité. Si la Direction considère que l’Ifremer doit abandonner certaines de ses missions faute de moyens, c’était à l’occasion de l’élaboration de ce document qu’il fallait faire des choix.

Il faut que la direction cesse de dire à son personnel « l’Ifremer ne peut pas tout faire, les chercheurs doivent apprendre à répondre « non » à certaines sollicitations ; tout ce qui concerne la mer ne relève pas des compétences de l’Ifremer, … ». Les salariés de l’Institut ne peuvent continuer à recevoir de tels messages. C’est à la direction de prendre ses responsabilités, de clarifier sa position vis à vis des donneurs d’ordre, de faire les choix qui s’imposent, d’exiger de nos tutelles des moyens suffisants.

Le malaise est ressenti à tous les niveaux de responsabilité de l’organisme.

Par ailleurs, quelques cadres, sur des fonctions de support, sont recrutés avec des indices dépassant de plus de trois fois les indices de recrutement de jeunes chercheurs. Ces cadres se trouvent dès leur embauche à un niveau qu’aucun scientifique de l’Institut ne pourra jamais atteindre, même en fin de carrière.

Le discours porté par la direction générale et le DRH et qui devient récurrent est : « les scientifiques qui font le choix de rentrer à l’Ifremer savent très bien qu’ils auront une rémunération dévalorisée par rapport à leur diplôme et leur qualification, et ils « candidatent » en connaissance de cause. Par contre il faut se donner les moyens d’attirer des candidats sur certaines fonctions de support pour avoir une chance de pouvoir les embaucher ».

C’est parfaitement scandaleux de tenir de tels propos et surtout de les mettre en application.

Le cœur de métier de l’Ifremer n’est-il pas dans les laboratoires ?

Accepter de paupériser les acteurs directs de la recherche au profit de certains salariés occupant des fonctions de soutien (certes peu nombreux parmi cette catégorie) ne peut qu’aboutir à une dégradation qualitative et quantitative de la science.

La réalité de la situation :

- des salaires en stagnation pour une grande majorité,

- une augmentation récurrente du nombre des CDD,

- des embauches en CDI qui ne compensent plus les départs à la retraite.

Pour compléter ce tableau, le représentant du ministère du budget a communiqué au Conseil d’Administration de décembre 2009 le projet d’augmentation de la masse salariale. Celle ci pourrait être la plus faible depuis de nombreuses années.

Tout va bien dans le même sens !

UNE DEGRADATION DE LA RECHERCHE MARINE FRANçAISE.

Quelle valeur accorder aux discours de nos tutelles en terme de positionnement de la France dans le domaine de la Recherche et en particulier de la Recherche Marine ? Ne s’agit-il encore une fois que d’effets d’annonce ?

Quel avenir souhaite réellement la direction pour l’Ifremer?

La CFDT IFREMER restera mobilisée et attentive à tout ce qui touche à l’avenir de la recherche marine française, de l’Ifremer, de ses salariés, dans un contexte général très incertain.

Contacts :

06.14.09.84.05 ou 06.37.06.89.88

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